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Préparer son sol en permaculture : la méthode en 10 étapes

Le 27 octobre 2022
Préparer son sol en permaculture : la méthode en 10 étapes
Comment préparer son sol permaculture ? Découvrez les 10 étapes, écologiques et inspirées de la nature, pour créer de nouvelles parcelles de potager.

Comment préparer son sol permaculture ? Avoir une bonne terre est essentiel à la réussite de votre potager ! Cela vous permettra de moins travailler… Pour plus de résultat. Eh oui, dans la méthode de potager naturel, ce sont les micro-organismes du sol qui travaillent à votre place. Pratique ! Quelles sont les couches d’une lasagne en permaculture ? Comment préparer une terre fertile, de manière écologique et inspirée de la nature ? Découvrez les 10 étapes pour créer de nouvelles parcelles de potager. (À faire en automne idéalement !)

 

Préparation du sol en permaculture : une imitation de la nature

Avant tout, rappelons que la permaculture ne fonctionne pas en copié-collé. Cette méthode est très efficace, oui, mais dans certains contextes. Selon votre terrain, son histoire, l’état du sol ou même vos objectifs, il faudra utiliser d’autres techniques ou réaliser quelques ajustements. 

 

Une imitation des sols naturels

Dans la nature, un sol riche est un sol avec beaucoup d'humus. C’est la couche supérieure du sol ; créée, entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique.

L’humus (à ne pas confondre avec le houmous, avec du pois chiche ! ;)) contient la quasi-totalité des êtres vivants du sol : animaux, insectes, champignons et bactéries. 


Le processus naturel est simple : 

  • Les plantes photosynthétisent la lumière du soleil en sucre et protéines, pour grandir. 
  • Une fois que la plante meurt, elle sera décomposée par la micro-faune du sol.
  • Cela va créer de l'humus, qui permettra à plus de plantes de pousser…
  • Et ainsi de suite.

C'est ce que l'on appelle la bio-abondance ! En permaculture, nous allons chercher à imiter ce fonctionnement naturel et à l'amplifier. 

 

Mettre en place les conditions… Et laisser faire la vie

En permaculture, on met en place les conditions pour que la nature s’exprime, pour que l’écosystème fonctionne au mieux. On n’essaye pas de contrôler la nature, de la modeler selon nos envies.

C’est important de faire preuve d’humilité : accepter les « pertes » dues aux insectes et champignons, accepter les variations d’une année sur l’autre, accueillir les plantes sauvages, etc.

Cette méthode de création de sol fertile fonctionne principalement grâce à une chose : la vie. 

Ces différentes étapes apportent et soutiennent la vie : champignons, microorganismes, bactéries, insectes, vers de terre, etc. Ces organismes vont travailler à notre place, en quelque sorte. 

  • On apporte ces êtres vivants grâce aux différents matériaux naturels, sur lesquels vivent des bactéries, champignons et autres micro-organismes.
  • On soutient la vie du sol en apportant de l’oxygène et de la matière organique (leur festin !).

Pas besoin de travailler le sol, année après année. Le sol vivant s'entretient tout seul !

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Quand réaliser cette mise en place des lasagnes de permaculture ?

Cette méthode est idéale à faire en automne, pour créer de nouvelles parcelles de potager. Un peu comme l’automne dans la forêt, quand toutes les feuilles mortes recouvrent la terre.


Ainsi, la microfaune du sol va travailler tout l’hiver : décomposer la matière organique, aérer le sol, se développer… Et votre terre sera prête à accueillir graines et semis au printemps.

C’est pas beau, la nature ?

 

DIX étapes pour préparer la terre en permaculture (et créer de nouveaux potagers)

Pour voir la création d’un nouveau potager en vidéo, RDV ici !

 

1. Retirer la couche supérieure du sol

Retirez la couche supérieure du sol, en décapant l’herbe et ses racines.

Veillez à ne pas atteindre la couche d’argile. Sinon, on va la faire remonter dans la suite du processus… Ce qui risque d’asphyxier le sol et le rendre difficilement cultivable. Adaptez donc la profondeur à votre terrain et l’emplacement de la couche d’argile. 

Outil : la bêche.


Comment reconnaitre la couche d’argile ? Elle est généralement d’une couleur différente, souvent plus grise que la terre en surface. Si la terre est humide et que vous la pressez entre vos doigts, l’argile formera un boudin. Un peu comme une pâte à modeler. 

 

2. Décompacter la terre… Sans la retourner ! 

Ensuite, décompactez le sol, en veillant à ne pas le retourner.

Cette étape permet :

  • d’amener de l’oxygène dans le sol, de l’aérer (essentiel pour les microorganismes et la décomposition des matières organiques) ;
  • de faire remonter les vers de terre. 

Ensuite… Ne marchez plus sur les zones décompactées. 


Outil : une fourche bêche, ou grelinette pour les sols suffisamment meubles. 

 

3. Apporter du bois, première couche de lasagne

Ajoutez des branches et brindilles. Placez différentes épaisseurs de bois, pour différentes vitesses de décomposition. Et différentes essences.


On vous explique dans la suite de l’article à quoi ça sert !

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4. Recouvrir de BRF

Recouvrez d’une bonne couche de BRF.

 

5. Ajouter une couche de pelouse fraiche, l’apport d’azote naturel

Ajoutez une couche épaisse de pelouse fraichement tondue. Cela nourrira votre sol permacole en azote. Plus la tonte est fraiche, plus elle est riche de ce nutriment essentiel !

 

6. Replacer les mottes de terre

Continuez votre lasagne de permaculture en replaçant les mottes de terre retournées : herbe en dessous. 

 

7. Casser les mottes avec les bêches

Passez avec la bêche pour casser les mottes et ré-aérer le sol. 

Si besoin, et si possible, apportez de la terre supplémentaire. C’est particulièrement utile si le sol est très compact et asphyxié, et/ou que la couche d’argile est en surface.

 

8. Recouvrez de compost, pour fertiliser naturellement le sol

Mettez une couche de compost ou de fumier. Pour préparer une terre riche et fertile !

 

9. Couvrez votre sol, une technique de base de permaculture

Recouvrez d’une épaisse couche de paillage : pelouse sèche ou foin sont idéaux dans la plupart des cas. Faites preuve de générosité : une couche minimum de 10 centimètres, c’est l’idéal !

Attention à ne pas utiliser de résineux, de feuilles de noyer et d'éviter les feuilles de peuplier noir.  

 

10. Ajouter les bordures pour un potager esthétique

Enfin, délimitez votre espace potager avec des bordures : planches de bois, tuiles, etc. 

Choisissez les matériaux en fonction des ressources locales… Mais aussi de l’esthétique attendue.

L’idéal est de créer un potager avec une épaisseur de 30 cm au-dessus du sol. Ça permet de cultiver en ayant le dos droit, tout en étant esthétique.

 

En bonus : le couvert végétal

Pour encore accélérer la création de matières organiques et l'enrichissement de votre sol, vous pouvez semer des engrais verts.


Vous pouvez utiliser deux catégories de plantes.

  • Les racines profondes, qui vont chercher les nutriments pour ensuite les restituer au sol. Quelques exemples ? La moutarde, le seigle, la phacélie ou encore le sarrasin.
  • Les fabacées (légumineuses), qui vont fixer l'azote du sol en créant une symbiose avec les bactéries. Quelques possibilités : la luzerne, les fèves, le lupin, le trèfle, la vesce, le pois, etc.

Nous vous recommandons d'utiliser un mélange plutôt qu'une plante en particulier. Comme toujours en permaculture, on favorise la diversité ! 


Vous pouvez semer votre couvert végétal d'octobre à novembre. Il suffira ensuite de le faucher à la fin du mois de février afin qu'il se décompose, enrichisse le sol et couvre votre potager. 


Ainsi, les nouveaux légumes seront bien accueillis ! 

 

Choisir les bons matériaux pour enrichir son sol de potager

 

Bien choisir le bois

  • Idéalement on choisit du bois un peu décomposé : il sera plus riche en êtres vivants, et va plus rapidement se décomposer et coloniser le sol.
  • Placez des branches d’épaisseurs variées, pour étaler dans le temps la décomposition et l’apport de carbone. Les branches de l’épaisseur d’un doigt se décomposeront entièrement en 4 ou 5 ans maximum. 
  • Choisir des branches de différentes essences, et si possible de différents lieux de récoltes. Pour avoir une grande variété de micro-organismes ! À noter : on évite généralement le pin, qui acidifie le sol.

 

Qu’en est-il des grosses buches ? On voit souvent ce conseil dans les buttes de permaculture ! Ça peut être intéressant… Mais on vous recommande de faire attention à la quantité de buches. Quand la pente est trop forte, ces buttes ont énormément d’érosion : le sol est retiré par la pluie et le vent. Résultat : le bois affleure à la surface et on peine à cultiver ! 

 

Quelles sont les alternatives au BRF ?

Vous ne pouvez pas vous procurer de BRF, ou ne souhaitez pas en acheter ? Vous pouvez également mettre une couche de…

  • Copeaux de bois non traité. On peut en récupérer gratuitement, ou à petit prix, dans des ateliers de travail du bois. 
  • Branchages broyés. Pas besoin d’acheter du matériel : chercher à mutualiser votre broyeuse avec le voisinage, ou à le louer pour quelques jours. 

 

Que mettre en paillage ? 

On déconseille le BRF en paillage des potagers. En effet, ce n’est pas pratique et ça consomme de l’azote.

De même pour la paille sèche, c’est à utiliser avec une bonne connaissance de son sol. C’est en effet un apport de carbone, qui consomme l’azote du sol pour être décomposé.

L’idéal, dans la plupart des potagers ? Pailler avec de la tonte légèrement sèche (un peu jaunie) ou du foin. On peut aussi utiliser des feuilles mortes si c’est la ressource à disposition. Évitez les espèces non adaptées (le pin sur des sols acides) ou « désherbantes » (le noyer ou peuplier noir par exemple).

Attention cependant : pailler avec de la tonte trop fraiche risque de brûler les graines. 

 

Création d’un sol vivant en permaculture : comment ça marche ?

Un peu de théorie pour expliquer les dessous de cette préparation du sol en permaculture !

La permaculture n'est pas un copié-collé : chaque méthode est à adapter à VOUS. C'est nécessaire de comprendre l'utilité de chacune des étapes. En connaissant votre sol et votre terrain, vous pourrez ainsi adapter chaque couche à votre situation.

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Découvrez en vidéo l’utilité des différentes couches de ces lasagnes de permaculture. 

 

Décompacter pour apporter de l’oxygène

Dans tout ce processus, l’oxygène est essentiel ! En milieu anaérobie (c’est-à-dire sans oxygène), le bois ne va pas se décomposer… Il va fossiliser.

Comment savoir si votre sol est asphyxié et manque d’oxygène ? 

  • Observez la texture du sol. Est-il dense, avec un système racinaire extrêmement développé ? Est-il très riche en argile ?
  • Cherchez des éléments caractéristiques, comme des traces de rouilles.

Dans ce cas, les opérations pour amener l’oxygène sont d’autant plus importantes ! 

  • Décompactage du sol, après avoir retiré la couche supérieure. Décompacter permet aussi aux vers de terre de remonter. 
  • Cassage des mottes, lorsque vous les replacez sur les couches de bois, BRF et pelouse. 

Veillez à ne pas marcher sur le sol après ces étapes d’aération !

 

À quoi servent les couches de bois et de BRF ?

L’apport de bois dans la préparation du sol en permaculture a trois fonctions principales.

  • Stockage de l’eau : quand il pleut, le bois va se gorger d’eau. Un peu comme une éponge ! Cela va éviter que l’eau soit lessivée.
  • Apport de matière organique et de l’élément C (carbone). Plus le bois est gros, plus il mettra du temps à se décomposer. 
  • Colonisation du sol avec des champignons et bactéries. Choisissez des branches de différentes origines et essences pour assurer une grande biodiversité. Ainsi, chaque plante pourra s’associer avec les champignons qui lui conviennent ! 

Les champignons qui vont nous intéresser sont les mycorhizes. C’est un champignon qui fait une symbiose avec la racine de nos plantes. Saviez-vous que 80 % des arbres et plantes en Europe s’associent avec des mycorhizes ? 

Les filaments des mycorhizes (le mycélium) vont aller plus loin que les racines et avoir plus de surface (car ils sont beaucoup plus fins). Ce grand réseau va capter l’eau et les nutriments du sol, pour les apporter à la plante. En échange, cette dernière réalise la photosynthèse, pour apporter du sucre et des protéines. Bref, un échange gagnant gagnant ! 


Quant au BRF : il a les mêmes fonctions… Mais avec une décomposition plus rapide ! Et, bien sûr, des espèces différentes de microorganismes.

 

Pourquoi ajouter une couche de pelouse fraiche ?

Premièrement, on cherche à éviter la fin d’azote. De quoi s’agit-il ?

Pour casser les liaisons carbone-carbone dans le bois : les bactéries consomment de l’azote du sol… Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus ! Or, un sol sain contient un bon équilibre entre carbone et azote, les deux grands nutriments pour les plantes.

Pour éviter ça, il faut apporter de l’azote : ici, en ajoutant de la pelouse fraichement taillée. On peut aussi utiliser de l’urine (en diluant 1 volume pour 9 volumes d’eau) ou planter des engrais verts par exemple.

Par ailleurs, cette herbe fraiche apporte d’autres microorganismes. On nourrit toujours notre diversité dans le sol !

Cette pelouse est placée au-dessus du bois, car elle sera décomposée beaucoup plus vite : quelques semaines. 

 

Faut-il ajouter de la terre végétale sur la lasagne ?

Apporter de la terre supplémentaire est généralement facultatif. 

Cela peut aider dans certaines conditions. En particulier, quand on part d’un sol très compact, sableux ou argileux. Bref : difficile à cultiver (et pauvre en vie !).

 

À quoi sert le paillage du sol en permaculture ?

Le paillage a de multiples utilités. C’est certainement l’une des techniques de permaculture les plus connues !

Et pour cause : le sol crée de l'humus à la condition d'être couvert par des matières en décomposition ! Les sols à nu n’existent pas à l'état naturel.

Pourquoi couvrir son sol ? 

  • Maintenir l’humidité du sol. Particulièrement utile en été !
  • Isoler et maintenir des températures confortables pour la vie du sol (évite le gel, évite grosses chaleurs).
  • Permettre aux vers de terre de circuler jusqu’en haut sans avoir à sortir en plein jour.
  • Ajouter de la matière organique et des nutriments en se décomposant, selon la matière choisie.

Comme toujours, cette méthode est à adapter à votre situation et votre terrain ! On parle de paillage, mais il s’agit avant tout de couvrir son sol, avec le matériau adéquat : pelouse sèche, foin, BRF, paille, feuilles mortes, etc. On n’utilisera pas le même matériau selon la qualité de la terre et les plantations à y mettre.

 

 

Vous savez maintenant comment créer un sol vivant en permaculture ! Cette technique naturelle de préparation de la terre est extrêmement efficace. Elle demande peu de travail : une fois passées ces 10 étapes, la nature agit à votre place. Un rappel utile : en permaculture, il n’y a jamais de solution magique. Cette technique est à adapter à votre contexte, votre terrain, votre projet. Et ensuite, on fait quoi sur ce sol fertile ? Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos conseils de potager, mois à après mois. Bon jardinage !